Accueil / Discours / Discours de SE Albert SHINGIRO lors de la 52eme reunion de l’UNSCAC

Discours de SE Albert SHINGIRO lors de la 52eme reunion de l’UNSCAC

ALLOCUTION DE CIRCONSTANCE DE SON EXCELLENCE AMBASSADEUR ALBERT SHINGIRO, MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES ET DE LA COOPERATION AU DEVELOPPEMENT DE LA REPUBLIQUE DU BURUNDI A L’OUVERTURE DE 52ème REUNION MINISTERIELLE DE L’UNSAC. LIBREVILLE – 26 NOVEMBRE 2021.
Excellence Monsieur Pacôme Moubelet Boubeya, Ministre des Affaires Etrangères de la République Gabonaise ; cher frère,
Excellences Mesdames et Messieurs les Ministres représentants les Etats membres du Comité Consultatif Permanent des Nations-Unies chargé des questions de sécurité en Afrique Centrale (UNSAC) ; chers collègues
Monsieur le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies et Chef du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique Centrale (UNOCA) ; cher frère,
Monsieur l’Envoyé Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour la région des grands lacs ; cher ami,
Monsieur le Commissaire en charge des Affaires politiques, paix et sécurité à la Commission de la Communauté Economique des Etats d’Afrique Centrale (CEEAC) ;
Mesdames et Monsieur les Chefs des Misions diplomatiques et Représentations des Organisations régionales et Internationales accrédités à Libreville ;
Mesdames et Messieurs les Experts et les Points Focaux de l’UNSAC ;
Excellences Mesdames et Messieurs, Distingués invités ; chers participants,
1) D’entrée de jeu, permettez-moi au nom de ma délégation et en mon nom propre, de remercier très sincèrement les Autorités de la République gabonaise pour la qualité de l’hospitalité et les marques d’attention dont nous bénéficions depuis notre arrivée dans cette belle ville gabonaise, Libreville.

2) Mes vifs remerciements s’adressent également au Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour l’Afrique Centrale, Monsieur François FALL LOUNCENY et son équipe pour toutes les dispositions prises afin de permettre la bonne tenue de la 52ème Réunion du Comité Consultatif Permanent des Nations Unies chargée des Questions de Sécurité en Afrique Centrale dont j’ai l’honneur de présider même si je suis à quelques minutes de la fin de mon mandat.

3) Monsieur le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies, moi et mon pays le Burundi saluons et soutenons vos initiatives régionales pour la paix et la sécurité en Afrique Centrale et le renforcement du partenariat avec la Commission de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale présidée par notre frère et ami Gilberto Da Piedade Verissimo, à qui nous adressons aussi nos remerciements et encouragements pour aller de l’avant dans l’accomplissement de sa mission lui confié par nos Chefs d’Etat.
4) Je voudrais enfin saisir cette opportunité pour adresser mes sincères remerciements à vous tous pour la confiance que vous avez placée en mon pays le Burundi durant son mandat à la présidence du Comité Consultatif Permanent des Nations Unies chargé des Questions de Sécurité en Afrique Centrale. Nous vous en sommes infiniment reconnaissant.
5) Avant d’entamer la partie substantielle de mon allocution, permettez-moi de transmettre, à travers notre collègue du Gabon, les salutations fraternelles de S.E.M. Evariste Ndayishimiye, Président de la République du Burundi à Son Homologue Gabonais S.E Ali Bongo Ondimba, Président de la République Gabonaise, au peuple frère du Gabon et à tous les participants à la présente session.

6) Excellences Mesdames, Messieurs, Distingués invités, après le rendez-vous de Bujumbura en mai dernier, nous voici aujourd’hui à Libreville pour évaluer les recommandations pertinentes que nous avions adoptées concernant la situation sécuritaire sous ses aspects multidimensionnels et multiformes dans notre sous-région.
7) En effet, la présente réunion se tient à un moment où l’Afrique centrale continue de faire face à des défis majeurs liés à la paix et à la sécurité, qui menacent la stabilité régionale et le bien-être et l’épanouissement de nos peuples respectifs.
8) Les défis sécuritaires auxquels les Etats membres du Comité font face sont nombreux et variés. Sans vouloir les énumérer tous, je peux tout de même mentionner la question de l’activisme des groupes armés qui pullulent dans certains pays de la région, l’extrémisme violent et le terrorisme surtout Boko Haram dans la région du Lac Tchad et des ADF NALU à l’Est de la RDC, les tensions liées aux processus électoraux, l’exploitation illicite des ressources naturelles, la circulation illicite des armes légères et de petit calibre, le pastoralisme et la transhumance ainsi que les velléités sécessionnistes dans certaines parties de notre sous-région.
9) Il sied de rappeler ici que le pastoralisme et la transhumance risquent de devenir une source d’instabilité régionale, unemenace pour les relations de bon voisinage entre les pays, et un obstacle à la stabilité régionale à cause de plusieurs éléments, notamment les effets du changement climatique, une croissance démographique rapide et non-contrôlée, la modification des couloirs traditionnels de transhumance, l’absence de mécanismes adéquats de dialogue intercommunautaire, les conflits armés non conventionnels, les crises humanitaires ainsi que le terrorisme sous toutes ses formes et manifestations, etc…
10) Excellences Mesdames, Messieurs, chers collègues, la question du changement climatique est aujourd’hui parmi les problèmes environnementaux de notre époque auxquels l’humanité fait face en ce moment et dont les effets néfastes impactent négativement sur la production agricole et alimentaire et la qualité de la terre nourricière, l’élévation du niveau des mers nécessitent davantage l’attention des Etats membres de ce Comité.
11) Sans action immédiate et coordonnée, il sera beaucoup plus difficile et coûteux de s’adapter aux conséquences futures de ces changements climatiques qui évoluent devant nos yeux à un rythme inquiétant. Pour limiter le réchauffement planétaire à 1.5 degré Celsius, des changements rapides, d’une portée considérable et sans précédent seraient nécessaires dans tous les aspects de la vie sociétale, et chacun de nous peut y jouer son rôle.
12) Excellences Mesdames, Messieurs, chers collègues, sur le plan sanitaire, en plus d’autres défis de santé comme la lutte contre la malaria, la tuberculose et le VIH, l’Afrique centrale continue à faire face à la crise sanitaire causée par la pandémie de la COVID-19 et ses conséquences néfastes dans tous les secteurs d’activités des Etats membres de la CEEAC.
13) Cette pandémie a frappé de plein fouet les économies de nos pays respectifs et a ralenti la croissance économique de façon inattendue. Nos pays ont subi un choc économique sans précédent causant ainsi la pire récession jamais enregistrée au sein de notre bloc communautaire. Du fait de leur ampleur inédites, les conséquences du choc subi mettront du temps à se dissiper. C’est pourquoi une action commune et concertée est impérative pour une solution de résilience et de relance de nos économies aujourd’hui en berne suite à cette pandémie du siècle.
14) Ceci ne sera possible qu’en coordonnant et en mutualisant davantage nos efforts de réponses nationales à la pandémie, en partageant les bonnes pratiques, les leçons apprises et en harmonisant les mesures de lutte contre cet ennemi invisible dont nous sommes condamnés à vaincre.

15) Excellences Mesdames, Messieurs, chers collègues, sur le plan politique et sécuritaire, certains progrès encourageants, au cours de cette période sous examen sont observés notamment dans les résolutions des crises et paradoxes politiques à travers le dialogue constructif, les bons offices et les mesures courageuses d’apaisement.
16) A cet effet, malgré le décès inopiné du Maréchal du Tchad, Idriss Deby Itno (paix a son âme), le Tchad a maintenu un engagement constant dans les initiatives de sécurisation en cours dans le Bassin du Lac Tchad, la zone sahélo-saharienne et l’Afrique centrale, tant au travers la Force Multinationale Mixte (FMM) mise en place par la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT) en vue de combattre Boko Haram, que le G5 Sahel dédié à la lutte contre le terrorisme dans cet espace; sans oublier ses engagements au sein de la Force Mixte à sa frontière Est avec le Soudan et dans la lutte contre les mercenaires sur la frontière nord avec la Libye.
17) Aussi, faut-il affirmer que le Comité Militaire de Transition (CMT) et le Comité National de Transition (CNT) sont à l’oeuvre pour l’organisation d’un Dialogue national inclusif (DNI) ainsi que les réformes institutionnelles et constitutionnelles, bien qu’ils rencontrent des difficultés dues au financement de la Feuille de route de la Transition pour la mener à bon port dans les délais impartis.
18) La visite de terrain qui a été effectuée à N’Djamena par le Bureau du Comité dans le cadre de la mise en oeuvre des recommandations issues de la 51ème réunion du Comité tenue à Bujumbura du 24 au 28 mai 2021 sur le processus transitionnel au Tchad, a abouti à la formulation d’un plaidoyer en faveur de son accompagnement tant régional, sous régional qu’international afin que les institutions et mécanismes de transition mis en place, y compris le dialogue national inclusif puissent produire des résultats satisfaisants et conduire le pays vers les institutions démocratiquement élues.
19) Excellences Mesdames, Messieurs, chers collègues, dans le même ordre d’idées, la mise en place, en République Centrafricaine (RCA), du comité préparatoire du dialogue républicain, inclusif de différentes sensibilités politiques et sociales prévu à se tenir en décembre 2021, fait un autre développement positif non moins important au niveau politique dans notre sous-région.
20) Il y a lieu également de mentionner la décision du Gouvernement centrafricain de proclamer, le 15 octobre 2021, un cessez-le-feu unilatéral, conformément à la feuille de route conjointe adoptée par les Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CIRGL lors de leur troisième mini-sommet tenu à Luanda, bien que des affrontements
continuent à se faire entendre particulièrement dans le Nord-Est du pays.
21) Parmi les progrès enregistrés dans notre sous-région, il faut ajouter l’organisation des élections réussies au Sao Tomé et Principe au mois de septembre dernier et le transfert pacifique du pouvoir, le 4 octobre 2021. Cela constitue une preuve supplémentaire de la vitalité de la vie démocratique dans ce pays.
22) Pour mieux réussir dans toutes ces initiatives, il serait souhaitable à tous les Etats membres de la CEEAC de conjuguer les efforts pour soutenir les pays frères en situation difficile sur le plan politique et sécuritaire. L’esprit de solidarité et de coopération doit toujours demeurer au centre de nos priorités.
23) Excellences Mesdames et Messieurs, à la lumière des récentes évolutions positives de l’environnement politique de la région, je suis optimiste que les décisions ambitieuses que nous allons prendre en tant que pays solidaires vont accélérer la coopération afin d’assurer le développement et la prospérité dans la région, et ce faisant, nous attaquer aux principales causes de l’instabilité et de la violence.
24) C’est en saisissant cette corrélation entre, d’une part, une paix et une sécurité assurées et, d’autre part, un développement inclusif et une prospérité mieux partagés que
la région réussira à changer la donne et relever ainsi le défi lie à la gestion des conflits dans notre sous-région.
25) Excellences Mesdames, Messieurs, chers collègues, la 52ème réunion ministérielle de l’UNSAC à Libreville est une opportunité qui est donnée à l’Afrique Centrale pour examiner notre situation commune dans sa globalité et proposer des recommandations idoines pour la paix, la stabilité et le développement socio-économique au sein de notre communauté.
26) Excellences Mesdames, Messieurs, chers collègues, je m’en voudrais de terminer mon propos sans souhaiter pleins succès au Gouvernement de la République gabonaise qui va prendre le bâton de commandement pour le prochain mandat de six mois. Je reste confiant que grâce à sa détermination, au professionnalisme de ses diplomates et aux contributions de tous les Etats membres et le secrétariat de l’UNSAC, la réussite de la présidence gabonaise est d’avance assurée.

Je vous remercie de votre aimable attention !

A propos du gestionnaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

error: Content is protected !!