La coopération régionale constitue un levier essentiel pour assurer la gestion durable des ressources halieutiques et promouvoir le développement de la pêche et de l’aquaculture dans la Communauté Est Africaine (EAC). C’est dans cette perspective que s’est tenue à Bujumbura, en République du Burundi, du 02 au 06 octobre 2026, la Huitième Réunion Ordinaire du Conseil Sectoriel des Ministres en charge de la Pêche et de l’Aquaculture (FASCoM) de l’Organisation des Pêches du Lac Victoria (LVFO). Cette rencontre a réuni les délégations des Pays membres de la LVFO qui sont la République du Burundi, la République du Kenya, la République Unie de Tanzanie et la République de l’Ouganda, autour des enjeux communs liés à la gestion des ressources halieutiques, à la sécurité alimentaire et au développement économique régional.
Une vision commune pour une pêche durable
Les ressources halieutiques jouent un rôle important dans la sécurité alimentaire et nutritionnelle, la création d’emplois, l’amélioration des revenus des communautés riveraines et le développement du commerce régional. Toutefois, leur durabilité est confrontée à plusieurs défis, notamment la pêche illégale, la pression sur les stocks de poissons, la dégradation de l’environnement et les effets des changements climatiques.
Face à ces enjeux, la huitième réunion du FASCoM a réaffirmé l’importance d’une action concertée entre les Pays Partenaires de l’EAC. La gestion des ressources partagées nécessite en effet des approches harmonisées, un renforcement des mécanismes de contrôle et de surveillance ainsi qu’une collaboration étroite entre les administrations nationales, les institutions de recherche, les communautés de pêcheurs et les acteurs du secteur privé.
Des Décisions pour renforcer la coopération régionale
La huitième réunion du FASCoM a abouti à plusieurs Décisions visant à améliorer la gestion des pêcheries et à renforcer la compétitivité du secteur.
Parmi les principales avancées figure l’adoption de Lignes Directrices pour la mise en œuvre de la norme de l’EAC relative au poisson de petite taille séché au soleil, connu sous les appellations Mukene en Ouganda, Omena au Kenya et Dagaa en Tanzanie. Cette harmonisation vise à améliorer les pratiques de manipulation, de transformation, de séchage, de conditionnement et de commercialisation, tout en renforçant la qualité sanitaire des produits et l’accès aux marchés.
Le Conseil Sectoriel a également adopté des Procédures Opérationnelles Standards (SOPs) pour les opérations conjointes de suivi, de contrôle et de surveillance des activités de pêche. Cette initiative constitue un instrument important dans la lutte contre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée, grâce à une meilleure coordination des interventions entre les Pays Partenaires.
Par ailleurs, les Ministres ont adopté les Lignes Directrices révisées de 2026 relatives à l’établissement et à l’exploitation de l’aquaculture en cages au sein de l’EAC. Cette décision vise à favoriser un développement responsable de l’aquaculture, à harmoniser les pratiques réglementaires et à encourager les investissements respectueux de l’environnement.
L’aquaculture et la valorisation des produits halieutiques au cœur des priorités
Au-delà de la gestion des pêcheries, le développement de l’aquaculture représente une opportunité pour accroître la production de poisson, répondre à la demande croissante des populations et créer de nouvelles activités génératrices de revenus.
Cependant, le secteur reste confronté à des contraintes, notamment l’accès aux aliments de qualité pour poissons, la disponibilité d’alevins de bonne qualité, la gestion de la santé des poissons, les possibilités de financement et l’accès aux marchés. Le Conseil a ainsi souligné la nécessité de renforcer les stratégies régionales destinées à lever ces obstacles et à soutenir une aquaculture productive et durable.
La valorisation et la commercialisation des produits halieutiques constituent également des axes importants de coopération. Une attention particulière a été accordée aux initiatives visant à renforcer les capacités des femmes et des jeunes engagés dans le commerce transfrontalier du poisson, ainsi qu’à améliorer la qualité des produits et leur compétitivité sur les marchés régionaux et internationaux.
Le Burundi, un acteur engagé dans la coopération régionale
En accueillant cette huitième Session Ordinaire du FASCoM à Bujumbura, le Burundi a contribué à la poursuite du dialogue régional sur la gestion et le développement durable des ressources halieutiques et aquacoles.
Pour le Burundi, la participation aux mécanismes de coopération de la LVFO offre un cadre important pour renforcer les capacités techniques, partager les expériences avec les autres Pays Partenaires et promouvoir des solutions communes aux défis du secteur.
Passation de la Présidence du Conseil Sectoriel
La réunion a également été marquée par la passation de la présidence du Conseil Sectoriel du Kenya à la Tanzanie, tandis que l’Ouganda a assumé la Vice-Présidence. Cette transition témoigne de la continuité de la gouvernance régionale et de la responsabilité partagée des Pays membres de la LVFO dans la mise en œuvre des Décisions et recommandations adoptées.
Contribution Statutaire des Pays Membres
Ladite réunion a également souligné l’importance du paiement des contributions statutaires pour assurer le bon fonctionnement de la LVFO et la continuité de ses activités. A cet égard, elle a exhorté l’ensemble des Pays membres à s’acquitter de leurs contributions respectives, y compris les arriérés, afin de garantir la disponibilité des ressources financières nécessaires à la mise en œuvre des programmes et des activités de l’Organisation.
Conclusion
La Huitième Réunion Ordinaire du FASCoM confirme que la coopération régionale demeure indispensable pour assurer la durabilité des ressources halieutiques et favoriser le développement d’une aquaculture compétitive dans l’EAC. La mise en œuvre effective des Décisions adoptées à Bujumbura dépendra désormais de l’engagement des Pays Partenaires, de la coordination des institutions régionales et de la participation active de l’ensemble des acteurs du secteur.
A travers cette dynamique, la coopération régionale peut contribuer durablement à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, à la création d’emplois, à l’amélioration des conditions de vie des communautés et à l’intégration économique au sein de la Communauté Est Africaine. 
Ministère des Affaires Etrangères du Burundi