Forum régional sur le renforcement de la Culture de la Paix en Afrique centrale et Grands Lacs

Le Burundi a accueilli, du 8 au 10 septembre 2026, le Forum régional sur le renforcement de la culture de la paix en Afrique centrale et dans la région des Grands Lacs. Organisée avec l’appui de l’UNESCO, de la CEEAC et du système des Nations unies, cette rencontre a réuni des représentants des États, de la société civile, des femmes, des jeunes, des chercheurs et des médias.

À l’ouverture du Forum, le Dr François Havyarimana, ministre de l’Éducation nationale et de la Recherche scientifique, a rappelé que « nos peuples n’attendent plus des discours, mais des actes concrets pour la paix ». Il a souligné qu’aucun État ne peut connaître une paix durable lorsque ses voisins sont plongés dans l’instabilité. Selon lui, le développement ne peut être possible sans une paix fondée sur la justice, l’éducation, la transparence, le partage et la dignité de chaque citoyen.

   

Le ministre a invité les participants à engager un dialogue constructif afin de parvenir à des résultats concrets. Les objectifs du Forum étaient notamment de construire une vision régionale commune de la culture de la paix, de poser les bases d’une feuille de route partagée, de lancer des initiatives multisectorielles dans les zones transfrontalières prioritaires et de renforcer les capacités ainsi que les synergies entre les différents acteurs de la paix.

Pour sa part, l’ambassadeur El Fadhel El Farnaway, représentant du Directeur général de l’UNESCO et directeur de la Priorité Afrique, a estimé que la paix se construit d’abord dans les esprits, notamment par l’éducation et le dialogue. Il a appelé à faire de la culture de la paix une réalité concrète dans la région, et non une simple déclaration d’intention.

Durant trois jours, les participants ont analysé les causes profondes des conflits en Afrique centrale. Ils ont relevé le caractère multiforme de ces crises, liées notamment aux déficits de gouvernance, aux inégalités d’accès aux opportunités économiques, aux tensions communautaires et aux conflits autour des ressources naturelles. L’exclusion des jeunes et des femmes, ainsi que la propagation de la désinformation et des discours de haine, constituent également des facteurs aggravants.

Face à ces défis, le Forum a recommandé de renforcer l’éducation à la citoyenneté et à la paix, de valoriser les mécanismes locaux de médiation, de promouvoir la coopération autour des ressources partagées et d’accroître la participation des femmes et des jeunes à la prévention des conflits.

Les participants ont également lancé trois initiatives pilotes transfrontalières, dont le Centre « Komeza Amani », afin d’ancrer la culture de la paix dans les communautés. Une feuille de route régionale a été adoptée pour guider la mise en œuvre de ces engagements.

À la clôture des travaux, les délégués ont réaffirmé leur volonté de transformer les frontières en espaces de dialogue et de solidarité. Ils ont également fait de Bujumbura le point de départ d’une nouvelle dynamique régionale fondée sur la prévention des conflits, la cohésion sociale et la construction d’une paix durable.

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