La Dix-neuvième Réunion du Conseil Sectoriel sur l’Agriculture et la Sécurité Alimentaire de la Communauté Est Africaine (EAC), organisée par le Secrétariat Général de l’EAC du 30 juin au 03 juillet 2026, a permis aux Ministres en charge de l’Agriculture et de la Sécurité Alimentaire des Pays Partenaires d’examiner les progrès réalisés dans la mise en œuvre des Décisions et Directives des précédents Conseils Sectoriels, ainsi que d’analyser les principaux développements enregistrés depuis la Dix-huitième Réunion tenue en juin 2025.
À cet effet, les Ministres ont adopté plusieurs instruments régionaux destinés à renforcer la coopération dans le secteur agricole. Parmi ceux-ci figurent :
- Le Plan Régional d’Investissement pour les Systèmes Agroalimentaires (RASIP 2026-2035) (EAC/SCAFS/19/Decision 01) ;
- Les Procédures Opérationnelles Standards (SOPs) pour l’inspection du manioc, du sorgho, de la banane et de la pomme de terre (EAC/SCAFS/19/Decision 04) ;
- Le Manuel d’Évaluation des Risques liés aux pesticides sur la base des nouvelles Lignes Directrices (EAC/SCAFS/19/Directive 34) ;
- La Stratégie sur la Gestion des Pesticides Hautement Dangereux (2026-2036) (EAC/SCAFS/19/Decision 09) ;
- Les Lignes Directrices de la Communauté Est Africaine sur le partage d’informations épidémiologiques relatives aux maladies animales transfrontalières et aux zoonotiques (EAC/SCAFS/19/Decision 11) ;
- Le Cadre Stratégique de lutte contre la Fièvre aphteuse au sein de l’EAC 2026-2035 (EAC/SCAFS/19/Decision 12) ;
- Les Lignes Directrices de l’EAC sur les Bonnes Pratiques d’Étiquetage des Ectoparasiticides (EAC/SCAFS/19/Decision 13) ;
- Et les Lignes Directrices de l’EAC sur les Procédures de Reconnaissance Mutuelle relative à la fiabilité réglementaire pour l’autorisation de mise sur le marché des médicaments vétérinaires.
Par ailleurs, la réunion a également analysé l’état de mise en œuvre des Décisions et Directives adoptées lors des précédents Conseils Sectoriels afin de mieux évaluer le niveau d’intégration dans le secteur agricole. Ainsi, sur un total de 430 Directives :
- 141 Directives (32,79 %) sont totalement mises en œuvre ;
- 203 Directives (47,21 %) sont partiellement mises en œuvre ;
- 44 Directives (10,23 %) sont continuellement mises en œuvre ;
- 42 Directives (9,77 %) ne sont pas encore mises en œuvre.
S’agissant de la responsabilité de la mise en œuvre, il a été relevé que :
- 163 Directives (37,9 %) ont été attribuées aux Pays Partenaires de l’EAC, dont 49 (30,1 %) ont été totalement mises en œuvre, 85 (52,1 %) sont partiellement mises en œuvre, 28 (17,2 %) sont continuellement mises en œuvre et 1 (0,6 %) n’a pas été mise en œuvre ;
- 61 Directives (14,2 %) ont été attribuées conjointement aux Pays Partenaires de l’EAC et au Secrétariat Général de l’EAC. Parmi celles-ci, 14 (23,0 %) sont totalement mises en œuvre, 40 (65,6 %) sont partiellement mises en œuvre, 6 (9,8 %) sont continuellement mises en œuvre et 1 (1,6 %) n’a pas encore été mise en œuvre ;
- 206 Directives (47,9 %) ont été attribuées au Secrétariat Général de l’EAC. Parmi celles-ci, 78 (37,9 %) sont totalement mises en œuvre, 78 (37,9 %) sont partiellement mises en œuvre, 40 (19,4 %) sont continuellement mises en œuvre et 10 (4,9 %) ne sont pas encore mises en œuvre.
Il convient de rappeler que l’économie et les moyens de subsistance d’une grande partie des citoyens est-africains dépendent essentiellement de l’agriculture. Celle-ci joue un rôle essentiel dans le développement économique, la sécurité alimentaire et le commerce régional. Le secteur agricole contribue de manière significative au PIB des Pays Membres de l’EAC. Il emploie environ 60 à 70 % de la population active et fournit des matières premières aux industries agroalimentaires, textiles et manufacturières. L’agriculture assure la production des principales denrées alimentaires telles que le maïs, les haricots, le riz, le manioc, la banane, les pommes de terre, etc. Ainsi, l’EAC met en œuvre des politiques visant à renforcer la sécurité alimentaire, à améliorer la nutrition et à réduire la dépendance aux importations alimentaires.
À cet égard, il sied de souligner que la coopération en matière d’agriculture et de sécurité alimentaire constitue une priorité majeure du processus d’intégration au sein de l’EAC. Le chapitre 18, articles 105 à 110 du Traité portant création de l’EAC énonce les objectifs globaux de cette coopération, à savoir : la réalisation d’une sécurité alimentaire régionale et d’une production agricole rationnelle, en vue de promouvoir la complémentarité, la spécialisation et la pérennisation des programmes agricoles nationaux afin de garantir une politique agricole commune ; l’autosuffisance alimentaire à l’intérieur de la Communauté ; l’amélioration de la productivité des cultures, de l’élevage, de la pêche et des ressources forestières pour la consommation locale, l’exportation à l’intérieur et à l’extérieur de la Communauté ainsi que pour l’approvisionnement des agro-industries ; ainsi que la préservation des récoltes, leur conservation et l’amélioration de l’industrie alimentaire. La coopération dans le domaine de l’agriculture et du développement rural est également réaffirmée à l’article 45 du Protocole du Marché Commun de l’EAC.
Signalons enfin que l’agriculture demeure un pilier fondamental de l’intégration économique de l’EAC. Elle contribue fortement à la croissance économique, à l’emploi, à la sécurité alimentaire, au commerce régional et au développement industriel. Le renforcement de la coopération entre les Pays Partenaires de l’EAC, ainsi que les investissements dans les infrastructures, l’innovation et la résilience climatique, sont essentiels pour exploiter pleinement le potentiel agricole de la région.
Ministère des Affaires Etrangères du Burundi